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CHOUNA LOMPONDA, Une experte en Communication au Parcours Atypique

ENTRETIEN EXCLUSIF AVEC CHOUNA LOMPONDA
Une experte en Communication au Parcours Atypique

Après des études à l’Ecole Française des Attachées de Presse (EFAP), aujourd’hui ECS BruxellesChouna Lomponda débute un parcours qui va la placer d’emblée sous le feu des projecteurs. Tour à tour journaliste, présentatrice télé et radio (BBC, Télé Bruxelles (BX1), Télé Matonge, etc, éditrice dans les médias…)

«… à l’époque on voyait très peu d’Africains dans les médias, je suis très heureuse et fière d’avoir été parmi les ouvreurs de porte…»
Chouna L.

Ces quelques mots ressortent de l’interview qu’elle nous a accordée il y a quelques jours dans le magnifique décor de l’hôtel “Le Châtelain” à Bruxelles. La ville où la lauréate du Prix de l’Action Féminine dans la catégorie Communication réside et  officie sous ses multiples casquettes : Porte-Parole, Responsable de la Communication du Musée Juif de Belgique, conférencière, chroniqueuse radio… Souligner que cet entretien a changé l’idée que nous nous faisions de cette Belgo-Congolaise serait peu dire.

Chouna Lomponda, Hôtel Le Châtelain- 5 stars Luxury Hôtel , Ⓒ African Mokeli Mag- Tous droits réservés


Chouna Lomponda, vous avez la pleine responsabilité du service de communication du Musée Juif de Belgique. Qu’en est -il dans la pratique ?

C.L/ Etre responsable de la communication de cette  institution culturelle, C’est rendre visible les différentes politiques muséales de notre établissement. Mais c’est surtout, garantir l’image et la notoriété du Musée Juif de Belgique en assurant sa promotion auprès des médias et du grand public. En qualité de porte-parole, mon rôle est de faire connaître la position du musée à l’extérieur et de gérer les relations avec les organisme (politiques, culturels, européens…). J’assure aussi les recherches de subsides ou de sponsoring. L’un des aspects attractif  de cette fonction, c’est sa palette d’interlocuteurs… travailler dans le domaine de l’art est très stimulant intellectuellement. Vous êtes en contact avec: des curateurs, des artistes, des scénographes, des journalistes, des donateurs, etc…

Avez vous un attachement à l’histoire juive?  Comment expliquez-vous une non juive chez les juifs ?

J’aime  cette culture. Elle est intéressante à tout point de vue, ses traditions, son histoire. Et pour tout vous dire, c’est une culture qui possède de nombreuses similitudes avec d’autres. Pour ce qui est de “la présence d’une non-juive chez les juifs”, je suis avant tout une professionnelle des métiers de la communication,  je ne suis pas là par hasard, mais je peux comprendre l’étonnement ! Les clichés ont la peau dure! On perçoit souvent la communauté juive comme une communauté repliée sur elle-même…

Pour la petite histoire: Le Musée Juif de Belgique cherchait une  Responsable de la Communication avec le meilleur profil qui soit. J’ai pris mes fonctions à la tête de ce département, en  2011, en sachant que la présidence de ce musée et son Conseil d’Administration ne visaient pas l’engagement d’une Juive ou non Juive, mais bien la qualité professionnelle et attendaient de moi des résultats.

En parlant de résultat, quel a été votre apport?

Des résultats qui s’illustrent par la mise en place, au sein de notre programmation d’activités variées. Quelques exemples: cafés-croissants au Musée, partenariat: Nuit Blanche (11.000 visiteurs en une nuit), Urban Trail,  soit une rencontre culturelle sportive, où 7500 coureurs ont pu visiter le musée et découvrir nos collections…Rédactrice en chef du Bulletin, revue du Musée Juif de Belgique distribué entre 2500 et 5000 exemplaires, je prépare sa transition, avant disparition de la version papier au profit d’une communication digitale. En 6 ans, j’ai accru et développé la présence du Musée sur le Web: ouverture d’une page officielle du Musée Juif de Belgique, d’un compte Instagram, Linkedln... Nous menons sur ces supports une politique très active. Implémentation de stratégie pour atteindre une cible jeune afin d’accroître notre visitorat et développer notre audience. Un pari réussi qui se confirme avec de nouvelles collaborations, telles que les universités et  Hautes Ecoles (BAC2 E-businness de l’EPHEC), afin de donner l’envie aux jeunes de connaître les musées, en intégrant la culture et l’art au travers d’un travail pratique sur cas réel.  Il y a également le chantier du nouveau Site Web du Musée qui sera en ligne dans quelques jours.

Un souvenir important: cette visite de Chefs d’Etat et de gouvernement que j’ai coordonnée avec succès. Nous attendions le même jour: L’ancien Chef de l’Etat Français, François Hollande, le Président de la Commission Européenne, Martin Schulz, Le Chef du Gouvernement Italien, Mattéo Renzi, le Premier Ministre Belge, Elio Di Ruppo. Celle du Roi Philippe de Belgique restera aussi un accomplissement marquant.

Visite du Roi Philippe de Belgique au Musée Juif de Belgique: Ⓒ Calvin Cambier


Des résultats également dans l’obtention de budgets sous la forme de sponsoring ou de subsides. Il y a eu aussi des Conférences de Bruxelles à Paris en passant par Amsterdam, ainsi que l’écriture d’articles dans la Revue Scientifique du Musée, Muséon. Les relations de presse constituaient un enjeu pour le musée, Le bilan est très positif.

Chouna Lomponda & Nino Boliya lors de l’entrétien Ⓒ  Aurore Hofmans 


Chouna Lomponda est-ce que vous vous sentez un tout petit peu comme une ambassadrice de la cause juive ?

Il est évident que j’y suis sensible, mais je ne suis pas “ambassadrice de la cause juive ».  Je suis la Porte-Parole d’un Musée qui met en lumière la culture juive.

Qu’en est-il de la fréquentation du Musée Juif de Belgique? Avez-vous affaire à une clientèle plutôt juive ou est-ce un public véritablement varié ?

Le musée se porte bien et notre visitorat augmente au fil des ans.
En 2006 nous avions 3723 visiteurs par an, en 2011, 9 752  en 2013, 16 871
en 2016 , 26.684 visiteurs ont pu admiré nos collections et participé à nos activités et celui-ci est principalement constitué d’une clientèle : Belge et étrangères.

Vous êtes Belge d’origine congolaise (R.D.C). Vous arrive-t-il d’être sensible au problème du continent, à ce Congo qui meurt, par exemple ou encore à ces caractéristiques culturelles qui se défont un peu partout en Afrique?

Je connais bien le Congo… j’y suis née, j’y ai vécu et travaillé. Ce sont mes origines et j’en suis fière. Comme tout le monde, je suis l’actualité politique et sociale de la RDCONGO. La jeunesse africaine a de nombreux défis à relever tant au niveau culturel qu’éducatif.  L’Afrique souffre. Pourtant, elle a un énorme potentiel, c’est un paradoxe !  C’est justement, cette richesse qui fait l’objet de tant de convoitise.

Vous partagez vos connaissances de nouvelles approches de la communication du secteur culturel. Le dernier en date s’est traduit sous forme de conférence : « Comment communiquer votre projet culturel à l’ère du 2.0 » où vous donnez des pistes aux professionnels des métiers de la communication afin de mieux promouvoir leur marque
Pourquoi cette volonté ne traverse-t-elle pas la Méditerranée ?

Ce serait avec plaisir de transmettre mon savoir au continent et cela fait partie des objectifs. J’ai d’ailleurs déjà travaillé de << l’autre côté de la Méditerranée >>. Mais actuellement, ils ne font pas appel à mon expertise.

En tant qu’experte de la communication spécialisée dans le secteur culturel et non marchand, Qu’est – ce qui manque aux institutions culturelles africaines pour parler au monde, comme le ferait le Louvre par exemple, le MoMA de New York ou encore le musée Guggenheim de Bilbao?

Il serait plus judicieux de comparer le comparable! L’Afrique est face à un problème de moyen et de volonté politique. Pourtant le continent Africain est un vivier artistique et culturel extraordinaire… Le patrimoine n’est pas valorisé comme il se doit. Vous avez certes des collectionneurs qui travaillent pour la préservation et la mise en valeur de ce patrimoine tel que  Sindika Dokolo ou le Galeriste Didier Claes, et d’autres qui me pardonneront de ne pas les citer, mais ils sont rares ! Ce qui manque à la culture, c’est une politique bien définie pour la création de la marque d’un musée, qui apportera la reconnaissance universelle à l’instar de ceux que vous avez cités.

Dans le cadre de vos conférences et formations, vous nous parliez de votre prochain objectif qui est de donner des conférences sur l’e-réputation. Pourquoi?

Parce que aujourd’hui tout passe par le digital , il est important de familiariser et de former les Grandes institution privées ou étatiques à la maîtrise de l’e-réputation…



Pour suivre Chouna

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Retrouvez  son billet d’Humeur chaque mercredi de 8 h à 9 h dans la Matinale de Radio Judaïca Bruxelles 90.2 FM “Alexandre vous réveille!

Dès le 13 octobre 2017 au Mars 2018 à l’exposition “Bruxelles: Terre d’Accueil?“, au Musée Juif de Belgique.


Nous remercions Hôtel Le Châtelain- 5 stars Luxury Hôtel pour l’accueil

Adresse : Rue du Châtelain 17 à 1000 Bruxelles


By |2018-11-29T15:10:51+00:00mai 26th, 2017|Interviews|Commentaires fermés sur CHOUNA LOMPONDA, Une experte en Communication au Parcours Atypique