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” Il n’existe plus d’art Africain à l’état pur ” __ Claudy Khan

Claudy Khan Kone, artiste peintre et sculpteur congolais de génie à peine connu du public kinois et congolais, a reçu Les Dépêches de Brazzaville. Le plus souvent présenté comme un habile manieur du pinceau, il est aussi l’initiateur de Crea Artkhan Bois, un atelier spécialisé en objets en bois précieux et massif. Claudy Khan s’est exprimé sur son art fait d’un mélange d’abstrait, figuratif, stylisation ou de figuration libre.

Les Dépêches de Brazzaville : Comment devrait-on vous présenter aux amateurs d’art ?
Claudy Khan : Je suis artiste peintre et architecte de formation. Je suis diplômé de l’Académie des Beaux-arts de Kinshasa depuis 1977. L’année suivante j’ai poursuivi des études d’architecture à l’UPAN Nantes. Assez précoce dans mon genre, j’ai réalisé ma première exposition à 17 ans, à l’Hôtel Okapi. Je suis aussi designer, ce qui est en fait un trait d’union entre ma peinture et mes idées.


« Il n’existe plus d’art congolais à l’état pur»


LDB : Pratiquez-vous de l’art congolais ?

C.K.: Doit-on encore parler d’art congolais à l’état pur ? A moins que l’on parle de l’art traditionnel congolais, à ce jour, je crois qu’il n’existe plus d’art congolais ou encore d’art africain à l’état pur. Il y a eu de nombreux métissages à travers le temps, on est tous mélangés, métissés de partout au point qu’i l n’est pas toujours évident de retrouver des Congolais, à titre d’exemple, de pure souche. Aussi, parler aujourd’hui de l’art congolais, c’est le limiter à des tribus, à des petites régions, des petits coins. En fait de nos jours, l’art est devenu un langage universel. A partir de cet instant, j’explore tout. Les résonances du passé, le futur, l’inconnu vers lequel on chemine… Je ne me limite pas à un style : qui est-ce qui a dit qu’on ne pouvait faire de la peinture à l’huile que sur une toile ? On peut aussi bien peindre sur un carton lisse que sur une planche. Je refuse d’être enfermé dans des dogmes, des critères bien précis et figés.

 


LDB : Qu’en est-il du style de Claudy Khan ?
C.K. : Il existe tout une gamme de styles et autant de courants dans le monde. Il y a de ceux qui ont adopté et se sont spécialisé dans l’abstraction, la figuration, la stylisation imaginaire ou libre, etc. Face à toute cette diversité, moi je peins comme je le ressens, avec les tripes. Un sujet m’inspire, je l’imagine et j’ai un flash dans la tête qui me permet de le réaliser dans un style ou un autre. Je suis ouvert à tout et refuse de me cantonner dans un style unique. Une seule contrainte dans ma démarche, celle d’être le plus original possible, répondre à une inspiration spontanée, et ne jamais me contenter de copier servilement une œuvre déjà existante. En fait, je suis dans une quête perpétuelle de recherche, et je trouve ! J’ai depuis exploré une douzaine de styles différents, que je mixe et explore en permanence, estimant que dans l’art, il n’y a pas de limite. Souvent il se fait qu’un artiste découvre dans son parcours, un style dans lequel il se sent à l’aise. Dès ce moment-là, il y va à fond. C’est ainsi qu’il s’établit une règle ou un courant de pensées. Ma démarche est très hétéroclite, le besoin de toujours pousser au-delà de ce qui a déjà été fait. Je suis ouvert à tout et refuse de me cantonner dans un style unique. Si ma peinture était classique au départ, il m’arrive à présent d’insérer des éléments abstraits et à côté de l’abstraction, j’arrive encore à joindre autre chose. Au final, il se crée tout autre chose.


LDB : Vos œuvres font elles partie d’expositions dans les galeries d’ici ou d’ailleurs ?
C.K. : Bien sûr, depuis 6 ans que j’ai choisi de m’installer à Kinshasa j’ai été au centre de trois expositions. Une s’est tenue dans un cadre privé. En juin 2006, j’étais à la Galerie Palanca et en décembre 2008, au cercle Golf. Je projette une autre en décembre prochain à l’Hôtel Vénus. Ce lieu abritera sous peu une exposition permanente. D’autre part, ici cela n’existe pas, mais les galeries d’art en Europe, par exemple, imposent un style aux artistes. Je ne veux pas peindre dans la contrainte, mais plutôt pour un ressenti. Ce n’est pas un simple caprice d’artiste. Tout comme l’écrivain dit avec les mots ce qu’il ressent dans son for intérieur, j’utilise la couleur pour exprimer ma pensée. Un artiste devrait être indépendant financièrement car c’est là qu’il donne le meilleur de lui-même. Ce métier exige une vérité profonde et intérieure, car lorsqu’on fait du cinéma dans son travail, les autres le ressentent inconsciemment. Il est difficile de tromper dans ce domaine.

LDB : Qu’en est-il du prix de vos œuvres que d’aucuns qualifient de grande valeur ?
C.K. : Je ne fixe pas le prix au format. La dimension d’un tableau n’est pas l’élément déterminant. Le prix, je le fixe en fonction de mon ressenti face à la toile. J’estime que c’est à l’artiste d’être le plus honnête avec ce qu’il fait. Il y a eu des œuvres inachevées qui se sont vendues plus chères … En fait, il y en a pour tous les goûts, le tout c’est d’être honnête avec soi même. L’amour qui m’attache à l’œuvre me fait dicter son prix, je le fixe d’instinct.

LDB : Quel est le thème de prédilection de Claudy Khan?
C.K. : La femme. Qu’y a-t-il de plus beau qu’elle ? C’est elle qui fait le bonheur du monde. Ceci explique en partie le sujet de la femme qui porte l’homme que j’ai souvent exploré. La femme, je la recrée tous les jours et essaie de l’améliorer un peu plus à chaque fois. Ma peinture a pour vocation de parler à l’âme !

Les Dépêches de Brazzaville
Les Dépêches de BrazzavilleQuotidien d'actualités du Congo Brazzaville et de Kinshasa, une parution de l'Agence d'information du Bassin du Congo
Les Dépêches de Brazzaville, dont la première édition remonte à août 1998, est l’unique quotidien du Congo depuis 2007. L’édition Kinshasa, lancée en 2008 est devenue un des 3 quotidiens les plus lus dans la capitale de la République Démocratique du Congo.
Claudy Khan
Claudy KhanArtiste - Architecte & Designer
Claudy Khan est un artiste congolais, un peintre aux 3 origines ( congolaise, belge et brésilienne ) résidant à Paris. Chacune de ses œuvres porte un message à tel point qu’elle berce l’âme, sans être offensante. Ces œuvres nous laissent entrevoir ce que son inspiration, cri de son âme, nous offre.
By |2018-11-29T15:12:04+00:00décembre 12th, 2016|Art, Interviews|Commentaires fermés sur ” Il n’existe plus d’art Africain à l’état pur ” __ Claudy Khan